Accueil » La Bible » Psaumes » Psaume 139

Version : Louis Segond 1910 (domaine public)

Psaume 139

Éternel! tu me sondes et tu me connais…

Le Psaume 139 commence par « Éternel ! tu me sondes et tu me connais ». C’est une méditation sur un Dieu qui connaît chaque pensée, est présent partout et a formé chaque personne dans le sein de sa mère.

Texte biblique

1 Au chef des chantres. De David. Psaume. Éternel! tu me sondes et tu me connais,

2 Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, Tu pénètres de loin ma pensée;

3 Tu sais quand je marche et quand je me couche, Et tu pénètres toutes mes voies.

4 Car la parole n’est pas sur ma langue, Que déjà, ô Éternel! tu la connais entièrement.

5 Tu m’entoures par derrière et par devant, Et tu mets ta main sur moi.

6 Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, Elle est trop élevée pour que je puisse la saisir.

7 Où irais-je loin de ton esprit, Et où fuirais-je loin de ta face?

8 Si je monte aux cieux, tu y es; Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà.

9 Si je prends les ailes de l’aurore, Et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer,

10 Là aussi ta main me conduira, Et ta droite me saisira.

11 Si je dis: Au moins les ténèbres me couvriront, La nuit devient lumière autour de moi;

12 Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi, La nuit brille comme le jour, Et les ténèbres comme la lumière.

13 C’est toi qui as formé mes reins, Qui m’as tissé dans le sein de ma mère.

14 Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien.

15 Mon corps n’était point caché devant toi, Lorsque j’ai été fait dans un lieu secret, Tissé dans les profondeurs de la terre.

16 Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient; Et sur ton livre étaient tous inscrits Les jours qui m’étaient destinés, Avant qu’aucun d’eux existât.

17 Que tes pensées, ô Dieu, me semblent impénétrables! Que le nombre en est grand!

18 Si je les compte, elles sont plus nombreuses que les grains de sable. Je m’éveille, et je suis encore avec toi.

19 Ô Dieu, puisses-tu faire mourir le méchant! Hommes de sang, éloignez-vous de moi!

20 Ils parlent de toi d’une manière criminelle, Ils prennent ton nom pour mentir, eux, tes ennemis!

21 Éternel, n’aurais-je pas de la haine pour ceux qui te haïssent, Du dégoût pour ceux qui s’élèvent contre toi?

22 Je les hais d’une parfaite haine; Ils sont pour moi des ennemis.

23 Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur! Éprouve-moi, et connais mes pensées!

24 Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l’éternité!

Texte original

1 לַמְנַצֵּחַ לְדָוִד מִזְמוֹר יְהֹוָה חֲקַרְתַּנִי וַתֵּדָע׃ 2 אַתָּה יָדַעְתָּ שִׁבְתִּי וְקוּמִי בַּנְתָּה לְרֵעִי מֵרָחוֹק׃ 3 אׇרְחִי וְרִבְעִי זֵרִיתָ וְכׇל־דְּרָכַי הִסְכַּנְתָּה׃ 4 כִּי אֵין מִלָּה בִּלְשׁוֹנִי הֵן יְהֹוָה יָדַעְתָּ כֻלָּהּ׃ 5 אָחוֹר וָקֶדֶם צַרְתָּנִי וַתָּשֶׁת עָלַי כַּפֶּכָה׃ 6 (פלאיה) [פְּלִיאָה] דַעַת מִמֶּנִּי נִשְׂגְּבָה לֹא־אוּכַל לָהּ׃ 7 אָנָה אֵלֵךְ מֵרוּחֶךָ וְאָנָה מִפָּנֶיךָ אֶבְרָח׃ 8 אִם־אֶסַּק שָׁמַיִם שָׁם אָתָּה וְאַצִּיעָה שְּׁאוֹל הִנֶּךָּ׃ 9 אֶשָּׂא כַנְפֵי־שָׁחַר אֶשְׁכְּנָה בְּאַחֲרִית יָם׃ 10 גַּם־שָׁם יָדְךָ תַנְחֵנִי וְתֹאחֲזֵנִי יְמִינֶךָ׃ 11 וָאֹמַר אַךְ־חֹשֶׁךְ יְשׁוּפֵנִי וְלַיְלָה אוֹר בַּעֲדֵנִי׃ 12 גַּם־חֹשֶׁךְ לֹא־יַחְשִׁיךְ מִמֶּךָּ וְלַיְלָה כַּיּוֹם יָאִיר כַּחֲשֵׁיכָה כָּאוֹרָה׃ 13 כִּי־אַתָּה קָנִיתָ כִלְיֹתָי תְּסֻכֵּנִי בְּבֶטֶן אִמִּי׃ 14 אוֹדְךָ עַל כִּי נוֹרָאוֹת נִפְלֵיתִי נִפְלָאִים מַעֲשֶׂיךָ וְנַפְשִׁי יֹדַעַת מְאֹד׃ 15 לֹא־נִכְחַד עׇצְמִי מִמֶּךָּ אֲשֶׁר־עֻשֵּׂיתִי בַסֵּתֶר רֻקַּמְתִּי בְּתַחְתִּיּוֹת אָרֶץ׃ 16 גׇּלְמִי רָאוּ עֵינֶיךָ וְעַל־סִפְרְךָ כֻּלָּם יִכָּתֵבוּ יָמִים יֻצָּרוּ (ולא) [וְלוֹ] אֶחָד בָּהֶם׃ 17 וְלִי מַה־יָּקְרוּ רֵעֶיךָ אֵל מֶה עָצְמוּ רָאשֵׁיהֶם׃ 18 אֶסְפְּרֵם מֵחוֹל יִרְבּוּן הֱקִיצֹתִי וְעוֹדִי עִמָּךְ׃ 19 אִם־תִּקְטֹל אֱלוֹהַּ רָשָׁע וְאַנְשֵׁי דָמִים סוּרוּ מֶנִּי׃ 20 אֲשֶׁר יֹמְרוּךָ לִמְזִמָּה נָשׂוּא לַשָּׁוְא עָרֶיךָ׃ 21 הֲלוֹא־מְשַׂנְאֶיךָ יְהֹוָה אֶשְׂנָא וּבִתְקוֹמְמֶיךָ אֶתְקוֹטָט׃ 22 תַּכְלִית שִׂנְאָה שְׂנֵאתִים לְאוֹיְבִים הָיוּ לִי׃ 23 חׇקְרֵנִי אֵל וְדַע לְבָבִי בְּחָנֵנִי וְדַע שַׂרְעַפָּי׃ 24 וּרְאֵה אִם־דֶּרֶךְ־עֹצֶב בִּי וּנְחֵנִי בְּדֶרֶךְ עוֹלָם׃

v. 1: Lamnatse’ach leDavid mizmor. Adonai chakartani vateda.

Version simplifiée

v. 1–6 Dieu, tu sais tout de moi : quand je m’assieds, quand je me lève, ce que je vais dire avant que je parle. C’est trop grand pour que je le comprenne.

v. 7–12 Il n’y a aucun endroit où je puisse te fuir : ni le ciel, ni le séjour des morts, ni l’autre bout de la mer. Même l’obscurité est claire pour toi.

v. 13–18 Tu m’as formé dans le sein de ma mère. Je te loue parce que j’ai été fait de façon merveilleuse. Tes yeux me voyaient avant ma naissance.

v. 19–24 Le psalmiste demande à Dieu de mettre fin aux violents et, à la fin, se place devant lui : sonde-moi, connais mon cœur et conduis-moi sur la voie de l’éternité.

Contexte historique

Auteur. Le titre dit « au chef des chantres, de David, psaume ». Beaucoup d’exégètes relèvent dans l’hébreu des mots et des formes typiques de l’araméen, ce qui suggère une rédaction postérieure à l’exil ; d’autres gardent l’attribution traditionnelle à David.

Structure. Le psaume avance en quatre temps : Dieu sait (v. 1–6), Dieu est partout (v. 7–12), Dieu a formé (v. 13–18) et la prière finale (v. 19–24). Les versets 1 et 23 emploient le même verbe, « sonder » (haqar), qui encadre le poème.

Reins et cœur. Au verset 13, la Segond garde les « reins » de l’hébreu, qui dans la Bible désignent l’intérieur de la personne, ses sentiments et sa conscience.

Explication

Être connu

Le psaume ne présente pas la connaissance de Dieu comme une surveillance menaçante, mais comme une chose qui émerveille : « une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée » (v. 6). Être connu tout entier, même dans ce qui n’a pas encore été dit, est vécu comme un soin.

Où irais-je ?

« Où irais-je loin de ton esprit ? » (v. 7). Les images couvrent tout : le ciel et le séjour des morts, les ailes de l’aurore et l’extrémité de la mer, la lumière et les ténèbres. Aucune distance ne sépare la personne de Dieu.

Une créature merveilleuse

Le verset 14 est l’un des plus cités : « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. » Le verset 16 emploie un mot rare, golmi, rendu par « une masse informe », qui n’apparaît qu’ici dans la Bible.

Sonde-moi

Après avoir dit que Dieu le connaît déjà, le psalmiste demande à être sondé (v. 23–24). Non pour informer Dieu, mais pour être corrigé : « regarde si je suis sur une mauvaise voie ».

Comment chaque tradition le lit

Catholique

Dans la numérotation de la Vulgate, c’est le Psaume 138, « Domine, probasti me ». Il est prié dans la Liturgie des Heures, et les versets 13–16 sont souvent cités dans les textes catholiques sur la dignité de la vie dès la conception.

Protestante

Beaucoup de protestants et d’évangéliques utilisent les versets 23–24 comme prière d’examen de soi, et le verset 14 dans des enseignements sur l’identité et l’estime de soi fondées en Dieu. Les versets 13–16 apparaissent aussi dans les débats sur la vie avant la naissance.

Juive

Au verset 5 (« par derrière et par devant »), le verbe hébreu tsartani peut signifier « tu m’entoures » ou « tu m’as formé ». Le Talmud retient le second sens et y voit le signe qu’Adam fut créé avec deux visages (Berakhot 61a). Le mot golem du verset 16 sert à décrire Adam avant qu’il reçoive le souffle de vie (Sanhédrin 38b) ; c’est l’origine du « golem » du folklore juif.

Académique

Les exégètes discutent du genre : hymne de sagesse, prière d’un homme faussement accusé qui demande à Dieu d’examiner son innocence, ou les deux. Les versets 19–22, contre les « méchants », gênent souvent le lecteur moderne ; lus dans cette clé, ils montrent le psalmiste se rangeant du côté de Dieu contre la violence.

Chaque lecture est attribuée à la tradition qui la porte. VersePath ne prend pas parti.

Pour méditer

On peut avoir peur d’être connu tout entier. Le psaume invite à l’inverse : laisser Dieu voir aussi ce que l’on se cache à soi-même. Que demanderiez-vous à Dieu de sonder en vous aujourd’hui ?

Le saviez-vous ?

  • Le mot golmi (v. 16) n’apparaît qu’ici dans la Bible et a donné le terme « golem ».
  • Le psaume contient plusieurs formes araméennes, l’une des raisons de dater sa rédaction après l’exil.
  • Les versets 1 et 23 emploient le même verbe, « sonder », qui ouvre et ferme le poème.

Questions fréquentes

Que signifie le Psaume 139 ?

C’est une méditation sur le fait d’être connu de Dieu : il sait tout, il est partout et il a formé chaque personne. Le psaume se termine en demandant à Dieu de sonder le cœur et de conduire sur la voie de l’éternité.

Qui a écrit le Psaume 139 ?

Le titre l’attribue à David. Certains exégètes, d’après la langue, pensent à une rédaction plus tardive.

Que veut dire « je suis une créature si merveilleuse » ?

C’est une louange pour la formation du corps et de la vie dans le sein maternel, vue comme l’œuvre attentive de Dieu (v. 13–16).

Quand prier le Psaume 139 ?

Dans les moments d’examen de soi, de doute sur sa propre valeur ou d’impression d’être loin de Dieu.