Version : Louis Segond 1910 (domaine public)
Psaume 121
Je lève mes yeux vers les montagnes… D’où me viendra le secours?
Le Psaume 121 est un chant de pèlerin : face aux montagnes, le voyageur se demande d’où viendra le secours et répond qu’il vient de l’Éternel, le gardien qui ne dort pas et qui garde le départ et l’arrivée.
Texte biblique
1 Cantique des degrés. Je lève mes yeux vers les montagnes… D’où me viendra le secours?
2 Le secours me vient de l’Éternel, Qui a fait les cieux et la terre.
3 Il ne permettra point que ton pied chancelle; Celui qui te garde ne sommeillera point.
4 Voici, il ne sommeille ni ne dort, Celui qui garde Israël.
5 L’Éternel est celui qui te garde, L’Éternel est ton ombre à ta main droite.
6 Pendant le jour le soleil ne te frappera point, Ni la lune pendant la nuit.
7 L’Éternel te gardera de tout mal, Il gardera ton âme;
8 L’Éternel gardera ton départ et ton arrivée, Dès maintenant et à jamais.
Texte original
v. 1: Shir lama’alot. Esa einai el heharim, me’ayin yavo ezri?
Version simplifiée
v. 1–2 Je regarde les montagnes et je me demande : qui va m’aider ? Mon aide vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
v. 3–4 Il ne te laissera pas trébucher. Celui qui veille sur toi ne s’assoupit pas ; le gardien d’Israël ne dort jamais.
v. 5–6 Le Seigneur est celui qui te protège, comme une ombre à tes côtés. Ni le soleil le jour ni la lune la nuit ne te feront de mal.
v. 7–8 Le Seigneur te gardera de tout mal et veillera sur ta vie. Il protège tes départs et tes retours, dès maintenant et pour toujours.
Contexte historique
Un « cantique des degrés ». Le Psaume 121 appartient à un recueil de quinze psaumes (120 à 134) intitulés shir hamaalot, « chant des montées ». L’interprétation la plus courante est que les pèlerins les chantaient en montant à Jérusalem pour les fêtes.
Les montagnes. Jérusalem se trouve dans une région montagneuse. Pour le voyageur, les montagnes pouvaient signifier le danger (brigands, fatigue) ou le but du voyage, le mont Sion.
Structure. Les versets 1–2 sont à la première personne (« le secours me vient ») ; à partir du verset 3, une autre voix répond à la deuxième personne (« celui qui te garde »), comme une bénédiction d’adieu.
Explication
La question (v. 1–2)
Le psaume s’ouvre sur une question sincère : « D’où me viendra le secours ? » La réponse ne désigne pas les montagnes, mais celui qui les a faites : « l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre ».
Le gardien qui ne dort pas (v. 3–4)
À l’époque, on parlait de dieux qui dormaient ou s’absentaient (voir l’ironie d’Élie en 1 Rois 18:27). Le psaume affirme l’inverse : celui qui garde Israël « ne sommeille ni ne dort ».
Une ombre contre le soleil et la lune (v. 5–6)
Pour qui voyageait à pied, le soleil brûlant était un vrai danger, et la lune était associée aux maux de la nuit. L’« ombre à ta main droite » est une protection constante, juste à côté du marcheur.
Le départ et l’arrivée (v. 7–8)
« Départ et arrivée » (littéralement « sortie et entrée ») est une façon hébraïque de dire toute la vie : le début et la fin du voyage, le travail et le repos, chaque jour.
À lire aussi
Comment chaque tradition le lit
Catholique
Dans la numérotation de la Vulgate, c’est le Psaume 120 (« Levavi oculos meos in montes »). Il est prié dans la Liturgie des Heures et souvent utilisé dans les prières pour les voyageurs, les pèlerins et les malades.
Protestante
Dans le monde protestant, on l’appelle souvent « le psaume du voyageur » et on le lit lors des adieux et des envois missionnaires. Sa version métrique écossaise, « I to the hills will lift mine eyes », est devenue un cantique très chanté.
Orthodoxe
Dans la tradition orthodoxe (numérotation grecque : Psaume 120), il fait partie de la 18e cathisme du Psautier, formée des cantiques des degrés (psaumes 119 à 133 de la Septante), lue aux vêpres.
Juive
Dans de nombreuses communautés juives, les psaumes 120 à 134 sont récités les après-midi de chabbat en hiver. Le Psaume 121 est aussi prié pour les voyageurs et les malades, et selon certaines coutumes il est placé près des femmes enceintes et des nouveau-nés comme prière de protection.
Académique
Le titre « chant des montées » a deux explications principales : les pèlerinages à Jérusalem, ou les quinze marches du temple sur lesquelles, selon la Mishna (Soucca 5:4), chantaient les lévites. Le verbe shamar (garder) apparaît six fois entre les versets 3 et 8 et donne son unité au poème.
Chaque lecture est attribuée à la tradition qui la porte. VersePath ne prend pas parti.
Pour méditer
Le psaume ne cache pas la question « d’où me viendra le secours ? ». Avant un départ important (un voyage, une conversation difficile, un nouveau travail), lisez à voix haute les versets 7 et 8 en remplaçant « ton » par « mon ».
Le saviez-vous ?
- Le Psaume 121 est le seul du recueil intitulé shir lamaalot (avec une lettre différente) ; les quatorze autres portent shir hamaalot.
- Le verbe « garder » apparaît six fois en six versets seulement.
- La Segond 1910 traduit partout par « garder » et conserve ainsi la répétition de l’hébreu.
- Elle intègre aussi le titre « Cantique des degrés » au verset 1.
Questions fréquentes
Que signifie le Psaume 121 ?
C’est une prière de confiance : le secours ne vient ni des montagnes ni des forces humaines, mais de Dieu, qui garde la personne jour et nuit.
Pourquoi le Psaume 121 est-il un « cantique des degrés » ?
Parce qu’il fait partie des psaumes 120 à 134, probablement chantés par les pèlerins qui montaient à Jérusalem ou sur les marches du temple.
Qui a écrit le Psaume 121 ?
Le psaume ne nomme pas son auteur. Il fait partie d’un recueil utilisé lors des pèlerinages au temple de Jérusalem.
Quand prier le Psaume 121 ?
On le prie traditionnellement avant un voyage, dans les moments d’insécurité et pour les malades, pour demander la protection de Dieu.