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Version : Louis Segond 1910 (domaine public)

Psaume 91

Celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut Repose à l’ombre du Tout Puissant.

Le Psaume 91 est un psaume de confiance : il décrit celui qui s’abrite en Dieu et la protection qu’il y trouve au milieu des dangers. Dans les derniers versets, Dieu lui-même parle et promet de délivrer, de répondre et d’accompagner celui qui l’aime.

Texte biblique

1 Celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut Repose à l’ombre du Tout Puissant.

2 Je dis à l’Éternel: Mon refuge et ma forteresse, Mon Dieu en qui je me confie!

3 Car c’est lui qui te délivre du filet de l’oiseleur, De la peste et de ses ravages.

4 Il te couvrira de ses plumes, Et tu trouveras un refuge sous ses ailes; Sa fidélité est un bouclier et une cuirasse.

5 Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, Ni la flèche qui vole de jour,

6 Ni la peste qui marche dans les ténèbres, Ni la contagion qui frappe en plein midi.

7 Que mille tombent à ton côté, Et dix mille à ta droite, Tu ne seras pas atteint;

8 De tes yeux seulement tu regarderas, Et tu verras la rétribution des méchants.

9 Car tu es mon refuge, ô Éternel! Tu fais du Très-Haut ta retraite.

10 Aucun malheur ne t’arrivera, Aucun fléau n’approchera de ta tente.

11 Car il ordonnera à ses anges De te garder dans toutes tes voies;

12 Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.

13 Tu marcheras sur le lion et sur l’aspic, Tu fouleras le lionceau et le dragon.

14 Puisqu’il m’aime, je le délivrerai; Je le protégerai, puisqu’il connaît mon nom.

15 Il m’invoquera, et je lui répondrai; Je serai avec lui dans la détresse, Je le délivrerai et je le glorifierai.

16 Je le rassasierai de longs jours, Et je lui ferai voir mon salut.

Texte original

1 יֹשֵׁב בְּסֵתֶר עֶלְיוֹן בְּצֵל שַׁדַּי יִתְלוֹנָן׃ 2 אֹמַר לַיהֹוָה מַחְסִי וּמְצוּדָתִי אֱלֹהַי אֶבְטַח־בּוֹ׃ 3 כִּי הוּא יַצִּילְךָ מִפַּח יָקוּשׁ מִדֶּבֶר הַוּוֹת׃ 4 בְּאֶבְרָתוֹ  יָסֶךְ לָךְ וְתַחַת־כְּנָפָיו תֶּחְסֶה צִנָּה וְסֹחֵרָה אֲמִתּוֹ׃ 5 לֹא־תִירָא מִפַּחַד לָיְלָה מֵחֵץ יָעוּף יוֹמָם׃ 6 מִדֶּבֶר בָּאֹפֶל יַהֲלֹךְ מִקֶּטֶב יָשׁוּד צׇהֳרָיִם׃ 7 יִפֹּל מִצִּדְּךָ  אֶלֶף וּרְבָבָה מִימִינֶךָ אֵלֶיךָ לֹא יִגָּשׁ׃ 8 רַק בְּעֵינֶיךָ תַבִּיט וְשִׁלֻּמַת רְשָׁעִים תִּרְאֶה׃ 9 כִּי־אַתָּה יְהֹוָה מַחְסִי עֶלְיוֹן שַׂמְתָּ מְעוֹנֶךָ׃ 10 לֹא־תְאֻנֶּה אֵלֶיךָ רָעָה וְנֶגַע לֹא־יִקְרַב בְּאׇהֳלֶךָ׃ 11 כִּי מַלְאָכָיו יְצַוֶּה־לָּךְ לִשְׁמׇרְךָ בְּכׇל־דְּרָכֶיךָ׃ 12 עַל־כַּפַּיִם יִשָּׂאוּנְךָ פֶּן־תִּגֹּף בָּאֶבֶן רַגְלֶךָ׃ 13 עַל־שַׁחַל וָפֶתֶן תִּדְרֹךְ תִּרְמֹס כְּפִיר וְתַנִּין׃ 14 כִּי בִי חָשַׁק וַאֲפַלְּטֵהוּ אֲשַׂגְּבֵהוּ כִּי־יָדַע שְׁמִי׃ 15 יִקְרָאֵנִי  וְאֶעֱנֵהוּ עִמּוֹ־אָנֹכִי בְצָרָה אֲחַלְּצֵהוּ וַאֲכַבְּדֵהוּ׃ 16 אֹרֶךְ יָמִים אַשְׂבִּיעֵהוּ וְאַרְאֵהוּ בִּישׁוּעָתִי׃

v. 1: Yoshev beseter Elyon, betsel Shaddai yitlonan.

Version simplifiée

v. 1–2 Celui qui vit près de Dieu est protégé, comme quelqu’un qui habite un abri sûr. Alors je dis : le Seigneur est mon refuge, et j’ai confiance en lui.

v. 3–8 Il te délivre des pièges et des maladies. Il te couvre comme un oiseau abrite ses petits sous ses ailes. Tu n’as pas à vivre dans la peur de ce qui arrive la nuit ou le jour, même quand beaucoup tombent autour de toi.

v. 9–13 Parce que tu as fait de Dieu ta demeure, le mal ne dominera pas ta vie. Il charge ses anges de veiller sur toi sur tous tes chemins, et tu surmontes des dangers qui semblaient plus grands que toi.

v. 14–16 Dieu répond : « Puisqu’il m’aime, je le délivrerai. Quand il m’appellera, je lui répondrai. Je serai avec lui dans la détresse, je l’honorerai, je lui donnerai une longue vie et je lui ferai voir mon salut. »

Contexte historique

Auteur. Dans le texte hébreu, le Psaume 91 n’a ni titre ni auteur. L’ancienne traduction grecque (la Septante) l’attribue à David. La tradition juive (Midrash Tehillim) le rattache à Moïse, comme suite du Psaume 90, qui porte son nom.

Où il se trouve. Il fait partie du livre IV des Psaumes (Psaumes 90–106), un recueil qui insiste sur Dieu comme vrai refuge de son peuple.

Images de l’époque. Le « filet de l’oiseleur » était le piège pour attraper les oiseaux. La « peste » rappelle les épidémies qui dévastaient les villes anciennes. Les terreurs de la nuit et la flèche qui vole de jour résument les dangers de ceux qui vivaient exposés, jour et nuit.

Forme. La voix change au fil du texte : quelqu’un déclare sa confiance (v. 2), une autre voix répond par des promesses (v. 3–13) et, à la fin, c’est Dieu qui parle (v. 14–16). Beaucoup de spécialistes y voient un texte utilisé dans le culte, avec une bénédiction prononcée sur ceux qui cherchaient refuge au temple.

Explication

v. 1–2 : la décision de faire confiance

Le psaume s’ouvre sur quatre noms de Dieu : Très-Haut, Tout-Puissant, Éternel et Dieu. Demeurer « sous l’abri » et reposer « à l’ombre » décrivent toute une vie vécue près de Dieu, et non une visite d’urgence. La réponse est personnelle : mon refuge, ma forteresse, mon Dieu.

v. 3–8 : les promesses de protection

Deux images dominent : l’oiseau qui couvre ses petits de ses plumes (un soin proche, maternel) et le bouclier (la défense du guerrier). Les dangers cités couvrent toutes les heures : nuit, jour, ténèbres et midi. Que mille tombent à ton côté (v. 7) ne promet pas que rien de mal n’arrive dans le monde, mais que celui qui fait confiance n’est pas livré au hasard.

v. 9–13 : les anges et la victoire

Le motif de la protection est répété : avoir fait du Seigneur sa demeure (v. 9). Les versets 11 et 12 parlent d’anges qui gardent dans toutes les voies : le passage que le diable cite pour tenter Jésus au désert (Matthieu 4:6). Le lion et l’aspic (v. 13) représentent les dangers forts et les dangers cachés.

v. 14–16 : Dieu répond

Ici Dieu parle à la première personne et fait une série de promesses : délivrer, protéger, répondre, être présent dans la détresse, glorifier, rassasier de jours et faire voir son salut. Le point de départ n’est pas le mérite, mais la relation : parce qu’il l’aime et qu’il connaît son nom.

À lire aussi

Comment chaque tradition le lit

Catholique

Dans de nombreuses Bibles catholiques anciennes, qui suivent la numérotation de la Vulgate et de la Septante, ce psaume apparaît comme Psaume 90. Les éditions actuelles indiquent souvent les deux numéros : « Psaume 91 (90) ».

Dans la Liturgie des Heures, il est prié aux Complies (prière du soir) du dimanche, comme un abandon confiant avant le sommeil. Il apparaît aussi dans la liturgie du Carême, lié au récit de la tentation de Jésus au désert.

Protestante

La lecture protestante souligne généralement la confiance en Dieu comme cœur du psaume, plutôt qu’une garantie que le croyant ne souffrira jamais. L’épisode de la tentation (Matthieu 4:5–7 ; Luc 4:9–12) sert d’avertissement : le diable utilise les versets 11–12 pour proposer à Jésus de se jeter du haut du temple, et Jésus répond qu’il ne faut pas tenter Dieu. La protection promise n’est pas une assurance pour les actes imprudents.

Orthodoxe

Dans les Églises orthodoxes, qui suivent la numérotation grecque, c’est le Psaume 90. Il fait partie de la Sixième Heure, l’une des prières fixes du jour, dite à midi : l’heure du fléau qui ravage en plein midi (v. 6).

Juive

Dans la tradition juive, le psaume est associé à Moïse et lu comme une prière de protection. Il fait partie de la prière du coucher (Chema du soir) et il est récité lors des funérailles, en accompagnant le corps jusqu’à la tombe. L’expression « sous ses ailes » évoque aussi la présence de Dieu dans le sanctuaire, entre les chérubins.

Académique

Les spécialistes classent le Psaume 91 parmi les psaumes de confiance, avec des traits liturgiques : changement de voix et oracle divin à la fin. Parmi les manuscrits de la mer Morte, le psaume figure dans un recueil de psaumes utilisés contre les démons (11Q11), ce qui montre qu’il était déjà lu comme un texte de protection spirituelle au Ier siècle av. J.-C. Certains termes des versets 5–6 pourraient refléter des croyances anciennes sur des forces maléfiques liées à la nuit et à la maladie.

Chaque lecture est attribuée à la tradition qui la porte. VersePath ne prend pas parti.

Pour méditer

Le psaume ne demande pas d’avoir le courage de tout affronter seul ; il invite à changer d’adresse. Où cherchez-vous refuge quand vous avez peur ?

Prière inspirée du Psaume 91

Seigneur, tu es mon refuge et ma forteresse ; en toi je me confie. Garde mes chemins, le jour et la nuit. Quand j’ai peur, couvre-moi de ta présence. Que je t’aime et connaisse ton nom, et que dans la détresse je sache que tu es avec moi. Amen.

Le saviez-vous ?

  • En hébreu, le Psaume 91 n’a ni titre ni auteur : il fait partie des psaumes dits « orphelins ».
  • C’est le seul psaume cité par le diable dans les Évangiles (Matthieu 4:6 ; Luc 4:10–11).
  • Une copie figure parmi les manuscrits de la mer Morte, dans un recueil utilisé contre les démons.
  • Le verset 1 utilise deux noms anciens de Dieu : Elyon (Très-Haut) et Shaddaï (Tout-Puissant).

Questions fréquentes

Qui a écrit le Psaume 91 ?

Le texte hébreu n’indique pas d’auteur. La Septante attribue le psaume à David, et la tradition juive le rattache à Moïse, comme suite du Psaume 90.

Pourquoi le Psaume 91 est-il appelé le psaume de la protection ?

Parce que tout le texte parle de Dieu comme refuge, forteresse et bouclier contre les dangers du jour et de la nuit, et se termine par des promesses de délivrance prononcées par Dieu lui-même.

Le Psaume 91 est-il différent dans les Bibles catholiques ?

Le texte est le même ; seule la numérotation change. Dans les Bibles qui suivent la Vulgate, c’est le Psaume 90. Les éditions catholiques actuelles indiquent souvent « Psaume 91 (90) ».

Que signifie « demeurer sous l’abri du Très-Haut » ?

C’est vivre près de Dieu de façon constante, comme quelqu’un qui habite un abri sûr, et pas seulement se tourner vers lui dans les moments de danger.

Où le Psaume 91 est-il cité dans le Nouveau Testament ?

Le diable cite les versets 11 et 12 lors de la tentation de Jésus au désert (Matthieu 4:6 ; Luc 4:10–11).

Combien de versets compte le Psaume 91 ?

16 versets.