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Version : Louis Segond 1910 (domaine public)

Philippiens 4:13

Je puis tout par celui qui me fortifie.

Philippiens 4:13 (« Je puis tout par celui qui me fortifie ») n’est pas une promesse de réussite dans tout projet : Paul, en prison, parle de la force de vivre content dans la faim comme dans l’abondance.

Texte biblique

10 J’ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur de ce que vous avez pu enfin renouveler l’expression de vos sentiments pour moi; vous y pensiez bien, mais l’occasion vous manquait.

11 Ce n’est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j’ai appris à être content de l’état où je me trouve.

12 Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette.

13 Je puis tout par celui qui me fortifie.

14 Cependant vous avez bien fait de prendre part à ma détresse.

Texte original

πάντα ἰσχύω ἐν τῷ ἐνδυναμοῦντί με.

Panta ischyō en tō endynamounti me.

Contexte historique

Une lettre de prison. Paul écrit dans les chaînes (Philippiens 1:13), probablement à Rome vers 60–62 apr. J.-C. L’Église de Philippes lui avait envoyé un don par Épaphrodite (4:18).

Un mot de remerciement. Les versets 10 à 20 sont un billet de remerciement. Paul se réjouit de l’aide reçue, mais tient à dire qu’il n’en dépend pas : « j’ai appris à être content de l’état où je me trouve » (v. 11).

Faim et abondance. Le verset 12 décrit les deux extrêmes : être rassasié et avoir faim, être dans l’abondance et dans la disette. C’est dans ce cadre que vient le verset 13.

Explication

« Tout »

Dans le contexte, « tout » désigne les situations du verset 12 : abondance et disette, satiété et faim. Paul ne dit pas qu’il peut obtenir tout ce qu’il veut, mais qu’il peut traverser tout ce qui arrive.

« J’ai appris »

Au verset 12, le verbe grec memyēmai vient du vocabulaire des cultes à mystères : « j’ai été initié ». Le contentement est présenté comme un apprentissage.

« Par celui qui me fortifie »

La force ne vient pas de Paul lui-même, mais de quelqu’un qui le fortifie sans cesse (le verbe est au présent). Comme les manuscrits grecs les plus anciens, la Segond ne nomme pas le Christ ici ; d’autres versions ajoutent « en Christ ».

Une lecture fréquente, et une précaution

Le verset est très utilisé par des sportifs et dans des messages de motivation. Le lire dans son contexte ne lui enlève pas sa force, mais déplace l’accent : il parle de persévérance et de contentement, pas d’une victoire garantie.

À lire aussi

Comment chaque tradition le lit

Catholique

Dans la liturgie catholique, Philippiens 4:12–14.19–20 est lu le 28e dimanche du temps ordinaire (année A). La tradition spirituelle catholique relie ce verset à la grâce : la force de faire le bien vient de Dieu et coopère avec la liberté humaine.

Protestante

C’est l’un des versets les plus populaires chez les évangéliques, sur des t-shirts, des tatouages et dans les messages de sportifs. Beaucoup de prédicateurs insistent pour le lire avec le verset 11 : le « secret » de Paul est le contentement en Christ, non la garantie du succès.

Orthodoxe

Dans la tradition orthodoxe, Philippiens 4 est bien connu car les versets 4–9 (« réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ») sont l’épître du dimanche des Rameaux. La force dont parle Paul est lue comme le fruit de l’union au Christ.

Académique

Le mot traduit « content » (v. 11) est autarkēs, terme clé de la philosophie stoïcienne pour l’autosuffisance. Paul reprend ce vocabulaire mais en change la source : la suffisance n’est pas en lui-même, mais « en celui qui me fortifie ». Le lieu de l’emprisonnement (Rome, Éphèse ou Césarée) est débattu.

Chaque lecture est attribuée à la tradition qui la porte. VersePath ne prend pas parti.

Pour méditer

Paul dit qu’il a appris à être content. Dans quel domaine de votre vie êtes-vous à cette école aujourd’hui : dans le manque ou dans l’abondance ? Lisez ensemble les versets 11 à 13 avant de citer le 13 seul.

Le saviez-vous ?

  • Dans le texte grec critique, le verset ne compte que six mots : panta ischyō en tō endynamounti me.
  • Le mot « Christ » est absent des manuscrits les plus anciens ; il a été ajouté dans des copies plus tardives, puis repris par le Textus Receptus.
  • Philippes fut la première ville d’Europe où Paul fonda une Église (Actes 16).
  • C’est l’un des versets les plus tatoués et imprimés au monde.

Questions fréquentes

Que signifie Philippiens 4:13 ?

Que Paul, en prison et dépendant de l’aide d’autrui, avait appris à bien vivre en toute situation, dans la faim ou la satiété, parce que Dieu le fortifiait.

Philippiens 4:13 veut-il dire que je peux tout réussir ?

Dans le contexte, non. « Tout » désigne les situations d’abondance et de besoin du verset 12. L’accent est mis sur la force de persévérer, pas sur la garantie du succès.

Pourquoi certaines Bibles disent « en Christ » et d’autres non ?

Parce que les manuscrits grecs les plus anciens disent seulement « par celui qui me fortifie ». Le mot « Christ » apparaît dans des copies plus tardives.

Où était Paul quand il a écrit aux Philippiens ?

En prison, comme il le dit lui-même (1:13). La tradition indique Rome ; certains spécialistes proposent Éphèse ou Césarée.