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Version : Louis Segond 1910 (domaine public)

Psaume 41

Heureux celui qui s’intéresse au pauvre! Au jour du malheur l’Éternel le délivre;

Le Psaume 41 commence par « Heureux celui qui s’intéresse au pauvre! » et c’est la prière d’un malade entouré de faux amis. Jésus a appliqué le verset sur l’ami qui lève le talon à la trahison de Judas, et le psaume clôt le premier livre des Psaumes par « Amen! Amen! ».

Texte biblique

1 Au chef des chantres. Psaume de David.

2 Heureux celui qui s’intéresse au pauvre! Au jour du malheur l’Éternel le délivre;

3 L’Éternel le garde et lui conserve la vie. Il est heureux sur la terre, Et tu ne le livres pas au bon plaisir de ses ennemis.

4 L’Éternel le soutient sur son lit de douleur; Tu le soulages dans toutes ses maladies.

5 Je dis: Éternel, aie pitié de moi! Guéris mon âme! car j’ai péché contre toi.

6 Mes ennemis disent méchamment de moi: Quand mourra-t-il? quand périra son nom?

7 Si quelqu’un vient me voir, il prend un langage faux, Il recueille des sujets de médire; Il s’en va, et il parle au dehors.

8 Tous mes ennemis chuchotent entre eux contre moi; Ils pensent que mon malheur causera ma ruine:

9 Il est dangereusement atteint, Le voilà couché, il ne se relèvera pas!

10 Celui-là même avec qui j’étais en paix, Qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain, Lève le talon contre moi.

11 Toi, Éternel, aie pitié de moi et rétablis-moi! Et je leur rendrai ce qui leur est dû.

12 Je connaîtrai que tu m’aimes, Si mon ennemi ne triomphe pas de moi.

13 Tu m’as soutenu à cause de mon intégrité, Et tu m’as placé pour toujours en ta présence.

14 Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, d’éternité en éternité! Amen! Amen!

Texte original

1 לַמְנַצֵּחַ מִזְמוֹר לְדָוִד׃ 2 אַשְׁרֵי מַשְׂכִּיל אֶל־דָּל בְּיוֹם רָעָה יְמַלְּטֵהוּ יְהֹוָה׃ 3 יְהֹוָה יִשְׁמְרֵהוּ וִיחַיֵּהוּ (יאשר) [וְאֻשַּׁר] בָּאָרֶץ וְאַל־תִּתְּנֵהוּ בְּנֶפֶשׁ אֹיְבָיו׃ 4 יְהֹוָה יִסְעָדֶנּוּ עַל־עֶרֶשׂ דְּוָי כׇּל־מִשְׁכָּבוֹ הָפַכְתָּ בְחׇלְיוֹ׃ 5 אֲנִי־אָמַרְתִּי יְהֹוָה חׇנֵּנִי רְפָאָה נַפְשִׁי כִּי־חָטָאתִי לָךְ׃ 6 אוֹיְבַי יֹאמְרוּ רַע לִי מָתַי יָמוּת וְאָבַד שְׁמוֹ׃ 7 וְאִם־בָּא לִרְאוֹת שָׁוְא יְדַבֵּר לִבּוֹ יִקְבׇּץ־אָוֶן לוֹ יֵצֵא לַחוּץ יְדַבֵּר׃ 8 יַחַד עָלַי יִתְלַחֲשׁוּ כׇּל־שֹׂנְאָי עָלַי יַחְשְׁבוּ רָעָה לִי׃ 9 דְּבַר־בְּלִיַּעַל יָצוּק בּוֹ וַאֲשֶׁר שָׁכַב לֹא־יוֹסִיף לָקוּם׃ 10 גַּם־אִישׁ שְׁלוֹמִי אֲשֶׁר־בָּטַחְתִּי בוֹ אוֹכֵל לַחְמִי הִגְדִּיל עָלַי עָקֵב׃ 11 וְאַתָּה יְהֹוָה חׇנֵּנִי וַהֲקִימֵנִי וַאֲשַׁלְּמָה לָהֶם׃ 12 בְּזֹאת יָדַעְתִּי כִּי־חָפַצְתָּ בִּי כִּי לֹא־יָרִיעַ אֹיְבִי עָלָי׃ 13 וַאֲנִי בְּתֻמִּי תָּמַכְתָּ בִּי וַתַּצִּיבֵנִי לְפָנֶיךָ לְעוֹלָם׃ 14 בָּרוּךְ יְהֹוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל מֵהָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם אָמֵן וְאָמֵן׃

Ashrei maskil el-dal; beyom ra’ah yemalletehu Adonai.

Version simplifiée

v. 2–4 Heureux qui prend soin du faible : Dieu prend soin de lui au jour difficile et le soutient quand il est malade.

v. 5 Seigneur, aie pitié de moi et guéris-moi, car j’ai péché contre toi.

v. 6–10 Mes ennemis attendent ma mort ; ceux qui me rendent visite disent des mensonges puis répandent des rumeurs. Même l’ami qui mangeait avec moi s’est retourné contre moi.

v. 11–13 Mais toi, Seigneur, relève-moi. Je sais que tu es avec moi, puisque l’ennemi n’a pas gagné.

v. 14 Béni soit le Seigneur pour toujours. Amen.

Contexte historique

Fin du Livre I. Le livre des Psaumes est divisé en cinq livres, et le Psaume 41 est le dernier du premier (Psaumes 1–41). Le dernier verset (v. 14 dans la Louis Segond, qui compte le titre comme verset 1) est la doxologie qui clôt cette collection ; des formules semblables terminent les Psaumes 72, 89 et 106.

Un malade et ses visiteurs. Le psalmiste est alité (v. 4 et 9) et lit sa maladie à la lumière de son propre péché (v. 5). Ses visiteurs n’apportent aucun réconfort : ils observent, répandent des nouvelles et attendent la fin (v. 6–9).

Début et fin. Le Livre I s’ouvre sur le mot hébreu ashrei, « heureux », au Psaume 1, et le Psaume 41 commence par le même mot. Beaucoup de spécialistes y voient un cadre voulu autour de la collection.

Explication

Heureux qui regarde le faible

Le psaume s’ouvre sur une béatitude : « Heureux celui qui s’intéresse au pauvre! Au jour du malheur l’Éternel le délivre ». Le mot hébreu dal désigne quelqu’un de faible, pauvre ou abattu, et le verbe maskil suggère une attention réfléchie, non une aumône pressée. Celui qui prend soin du faible trouve Dieu qui prend soin de lui : « L’Éternel le soutient sur son lit de douleur ».

Une guérison qui commence au-dedans

Au verset 5, la demande de guérison va avec une confession : « Guéris mon âme! car j’ai péché contre toi. » Le psalmiste ne discute pas pour savoir si la maladie est un châtiment ; il porte à Dieu son corps et sa conscience en même temps.

La trahison de l’ami

Le point le plus douloureux est le verset 10 : « Celui-là même avec qui j’étais en paix, Qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain, Lève le talon contre moi. » Manger le pain de quelqu’un était un signe d’alliance et de confiance. Lors de la dernière Cène, Jésus cite ce verset en annonçant la trahison de Judas (Jean 13:18).

Devant Dieu pour toujours

La fin ne décrit pas une guérison complète, mais une présence : « tu m’as placé pour toujours en ta présence ». La doxologie du verset 14, avec son « Amen! Amen! », clôt le psaume et le premier livre du Psautier.

Comment chaque tradition le lit

Catholique

Dans la numérotation de la Vulgate, c’est le Psaume 40, Beatus qui intellegit super egenum et pauperem. L’Église lit le verset sur l’ami qui trahit à la lumière de la Passion, à la suite de Jésus lui-même en Jean 13:18, et la béatitude initiale est un appel à prendre soin des pauvres et des malades.

Protestante

Pour les lecteurs évangéliques, le psaume réunit deux promesses : la bénédiction pour qui prend soin des faibles et l’assurance que Dieu soutient le malade. L’usage que Jésus fait du verset sur l’ami en Jean 13:18 est lu comme l’accomplissement de l’Écriture dans le récit de la trahison.

Juive

Le Talmud utilise le premier verset pour parler de la visite aux malades : celui qui visite un malade est épargné du châtiment de la Géhenne, car il est écrit « Heureux celui qui s’intéresse au pauvre! Au jour du malheur l’Éternel le délivre ». Dans cette lecture, le dal est le malade (Nedarim 40a).

Académique

Les spécialistes discutent du genre : action de grâces, où le psalmiste raconte la prière faite pendant sa maladie (« Je dis », v. 5), ou lamentation individuelle. La béatitude initiale a un ton sapientiel. La doxologie finale est généralement considérée comme un ajout rédactionnel qui marque la fin du Livre I, et non comme une partie du poème d’origine.

Chaque lecture est attribuée à la tradition qui la porte. VersePath ne prend pas parti.

Pour méditer

Le psaume demande deux regards : vers le faible qui est près de vous, et vers l’intérieur de vous-même. Qui a besoin de votre attention aujourd’hui ? Et que devez-vous porter à Dieu, au-delà de ce qui fait mal dans le corps ?

Le saviez-vous ?

  • Au verset 10, l’hébreu dit littéralement « l’homme de ma paix » (ish shelomi) : quelqu’un lié par une alliance, ce que la Louis Segond rend par « Celui-là même avec qui j’étais en paix ».
  • Au verset 9, le mal dont on dit qu’il est atteint est, en hébreu, une « chose de Bélial » (devar beliyya’al).
  • Les Psaumes 41, 72, 89 et 106 se terminent par des doxologies qui divisent le Psautier en cinq livres, nombre que la tradition juive rapproche des cinq livres de Moïse.

Questions fréquentes

Que signifie le Psaume 41 ?

C’est la prière d’un malade qui fait confiance à Dieu face à la maladie, aux ennemis et à la trahison d’un ami. Il commence par une bénédiction pour qui prend soin des faibles.

Le Psaume 41 parle-t-il de Judas ?

Le psaume est bien plus ancien, mais Jésus a appliqué le verset sur l’ami qui mangeait son pain à la trahison de Judas (Jean 13:18).

Pourquoi le Psaume 41 se termine-t-il par « Amen! Amen! » ?

Parce que son dernier verset est la doxologie qui clôt le premier des cinq livres des Psaumes.

Quand prier le Psaume 41 ?

Dans la maladie, en rendant visite à un malade ou en traversant une trahison, pour demander la guérison du corps et de l’âme.